LE SANTON « Santoun », toute notre enfance.

Chaque année, en Provence, quand revient le temps de Noël, dans la plupart des foyers, grands et petits s’affairent pour dresser en bonne place, dans la maison, la crèche familiale. Les santons sont sortis de la boîte en carton où ils avaient été soigneusement rangés, après la Chandeleur, emmaillotés dans des papillotes de papier. On se rend dans quelques boutiques, ou à la foire aux santons, pour compléter par de nouvelles acquisitions sa collection de figurines d’argile et d’éléments divers du décor.

Une crèche se crée dès la petite enfance et se poursuit à l’adolescence puis à l’âge adulte. Et quand on fonde son propre foyer, généralement on part avec quelques unes de ces figurines afin de créer sa propre crèche pour le plaisir de ses propres enfants et l’histoire recommence. Mais quelquefois, les parents ne peuvent se détacher de leurs personnages d’argile, ils achètent donc pour le jeune ménage les personnages indispensables.

Mais au fait, n’aimeriez-vous pas en savoir plus sur la fabrication et l’étymologie du mot santon ?

Ce nom de santon, en provençal « santoun » ne s’imposera qu’au début du XIXe siècle. Ce terme qui signifie « petit saint, petite sainte » peut désigner les moulages de plâtre que des colporteurs italiens venaient vendre en Provence et qu’on nomme plus généralement santibèlli, «beaux saints ». On les appelait auparavant statues ou figurines et Jean-Louis LAGNEL et ses confrères étaient professionnellement désignés comme des figuristes avant d’être nommés santonniers.

Jean Louis Lagnel « maître santonnier » est le créateur du santon provençal. Au départ, il crée des personnages liés à la Nativité, puis il s’intéresse aux gens de sa ville et des villages voisins.

Il va produire les premiers santons populaires, ceux qui peuplent encore aujourd’hui nos crèches. Chaque santon devient une petite œuvre d’art. Sa réalisation est réfléchie, analysée, détaillée afin qu’il soit le plus proche de la réalité. Le santon devient l’acteur principal de la crèche».

Le métier de santonnier est une profession à part entière, un art qui n’a pas été touché par l’industrialisation et la mécanisation. Quel que soit la grandeur de l’atelier le travail reste artisanal.

Puis viennent les étapes de la fabrication :


Le moulage :

On fait un boudin avec de l'argile, on l'applique sur l'empreinte côté face, on met ensuite la deuxième partie (côté dos) par-dessus. Il faut ensuite presser fortement jusqu'à ce que les deux parties coïncident parfaitement, on élimine ensuite l'argile dépassant du moule à l'aide d'une tige de fer. Quelques minutes après, le plâtre du moule a absorbé l'humidité. On peut maintenant démouler en tirant les deux parties pour les séparer. Le santon restant collé sur une des deux parties, on le décolle alors délicatement à l'aide d'une tige de fer enfilée dans le santon ou bien avec la main. La partie la plus fragile, est, bien sûr le visage

L’ébarbage :

on utilise un couteau, ou un cutter bien aiguisé, avec lequel on va éliminer tous les excès persistants sur la ligne de séparation des deux parties du moule. Pour gratter il faut que le santon soit sec, le séchage se fait sur des étagères spéciales et nécessite un temps variant de 4 jours pour les petits à 1 mois pour les plus gros.

Il faut aussi ôter la matière excédentaire entre différents éléments comme les jambes, ou entre un bras et un panier, pour créer ainsi les volumes du personnage et alléger la silhouette.

Le séchage :

l’argile possède une grande capacité d’absorption, elle retient l’eau comme une pierre poreuse. Au séchage, l’eau gagne la surface du santon par capillarité et s’évacue sous forme de vapeur. Le séchage s’effectue de façon uniforme et s’accompagne d’un retrait de la matière. Au fur et à mesure que l’eau s’évacue, la surface laissée libre est occupée par les particules d’argile qui se resserrent. Pour éviter les fentes le séchage doit être lent, il varie suivant l’épaisseur du sujet

La cuisson :

la première phase dite de « petit feu » permet d’éliminer l’eau et toutes les dernières traces d’humidité.

La seconde phase de la cuisson déshydrate l’argile qui perd son eau de constitution.

L’étape suivante de la cuisson s’effectue à 350°C et permet d’évacuer l’eau de constitution. A partir de 500°C l’argile est déshydratée et les risques d’explosion n’existent plus.

La cuisson peut se faire dans un four électrique ou à gaz. Elle se fait de nuit et dure 8 heures. La température augmente progressivement jusqu’à atteindre environ 980°C. Puis on laisse refroidir pendant 48 heures. C'est là que le santon change de couleur et devient dur.

La décoration :

On utilise un tas d'accessoires divers pour agrémenter le santon. La peinture utilisée est à l'huile pour que les santons soient lavables, mais aussi la gouache. C'est un travail très long et minutieux.

La gouache permet de nombreux dégradés et surtout est moins fragile au toucher prolongé. La gouache est recommandée pour conserver à vos santons leur couleur d’origine pendant longtemps, malgré les manipulations et l’usure des années. Ce type de peinture se caractérise par une grande opacité et un fini mat ; il est dès lors possible de superposer des couleurs sombres et claires. Il est recommandé d’employer la même marque de gouache tout au long du travail, pour conserver l’unité des teintes choisies.

Pour appliquer la gouache on utilise des pinceaux que l’on choisit en fonction de la surface à couvrir : en brosse pour les surfaces larges ou plates, à bout rond pour les petites surfaces ou les détails. Des pinceaux en poils de petits-gris de bonne qualité feront l’affaire. Trempez les pinceaux neufs dans une eau chaude pendant une dizaine de minutes. Après chaque utilisation nettoyez les pinceaux avec une eau tiède légèrement savonneuse.

Le santon est maintenant prêt à être vendu ou mis dans votre crèche.


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